Le Maroc au cœur du nouveau “Board of Peace” de Donald Trump : quel rôle pour le roi Mohammed VI dans la paix au Moyen‑Orient ?

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Le Maroc vient de franchir un pas diplomatique majeur en acceptant de siéger au sein du nouveau « Board of Peace » lancé par le président américain Donald Trump, une instance présentée comme un outil pour stabiliser le cessez‑le‑feu à Gaza et relancer la dynamique de paix au Moyen‑Orient. Le roi Mohammed VI a officiellement accepté l’invitation en tant que membre fondateur, confirmant ainsi le positionnement du royaume comme acteur clé dans les dossiers sensibles de la région, de la question palestinienne aux équilibres géopolitiques plus larges.

Selon un communiqué du ministère marocain des Affaires étrangères, le souverain a « gracieusement accepté » l’invitation de Donald Trump, saluant la volonté affichée par Washington de promouvoir la paix et la stabilité. L’annonce a été relayée par l’agence Maghreb Arab Presse (MAP) et reprise par plusieurs médias internationaux, soulignant que le Maroc ratifiera la charte fondatrice de ce Board de la paix dans les prochaines semaines.

Un nouvel outil pour la paix à Gaza et au Moyen‑Orient

D’après les éléments communiqués, le « Board of Peace » ambitionne de consolider le fragile cessez‑le‑feu entre Israël et le Hamas, tout en ouvrant une nouvelle phase de négociations politiques. L’initiative se veut un cadre permanent de concertation entre plusieurs dirigeants internationaux, chargés d’accompagner la mise en œuvre du plan de paix américain pour Gaza et d’en garantir la viabilité sur le long terme.

L’objectif affiché est double : éviter une reprise des hostilités à grande échelle et créer les conditions d’un horizon politique crédible pour les Palestiniens comme pour les Israéliens. Au‑delà de Gaza, ce Board est présenté comme un espace destiné à traiter plus largement des équilibres régionaux, de la sécurité frontalière aux questions humanitaires et au développement.

Pourquoi le Maroc est un partenaire stratégique

Le choix du Maroc comme membre fondateur n’est pas anodin et s’inscrit dans la continuité du rôle historique du royaume sur le dossier palestinien. Le souverain chérifien préside le Comité Al‑Qods de l’Organisation de la coopération islamique, ce qui confère à Rabat une légitimité particulière lorsqu’il s’agit de défendre les droits des Palestiniens tout en plaidant pour une solution politique négociée.

Parallèlement, le Maroc a normalisé ses relations avec Israël ces dernières années, tout en réaffirmant son soutien à la solution des deux États et à la création d’un État palestinien viable avec Jérusalem-Est comme capitale. Cette double posture – pont entre le monde arabe et Israël, allié de longue date des États‑Unis mais attaché aux revendications palestiniennes – fait du royaume un interlocuteur précieux dans toute architecture de paix régionale.

Un coup diplomatique pour Rabat

L’entrée du roi Mohammed VI dans ce Board international est également un signal fort envoyé aux partenaires occidentaux et arabes. Pour Rabat, il s’agit de renforcer sa stature de puissance médiatrice et de consolider une diplomatie de « valeur ajoutée », fondée sur la stabilité interne, la crédibilité religieuse et un positionnement équilibré entre les grands blocs d’influence.

Cette participation offre au Maroc une tribune supplémentaire pour défendre ses priorités, qu’il s’agisse de la question nationale, de la sécurité régionale au Sahel ou de la lutte contre l’extrémisme. Elle renforce aussi la visibilité du royaume dans les capitales influentes, à un moment où la compétition pour les partenariats stratégiques s’intensifie au Maghreb et en Afrique.

Des interrogations et des équilibres délicats

Si l’initiative est présentée comme un instrument de paix, elle soulève néanmoins des questions et des réserves dans certains milieux diplomatiques. Le périmètre exact des prérogatives du Board, son articulation avec les mécanismes existants de l’ONU ou du Quartet, et le degré réel d’inclusivité vis‑à‑vis des différentes parties concernées restent encore à clarifier.

La présence potentielle d’autres puissances, comme la Russie, demeure en suspens : le président Vladimir Poutine n’a pas encore fait connaître sa décision, Moscou indiquant seulement être en train d’examiner les contours de la proposition. Par ailleurs, certains partenaires européens étudient toujours le cadre juridique de cette instance, craignant qu’elle n’empiète sur d’autres formats de négociation ou ne redessine les équilibres diplomatiques sans réelle concertation.

Une opportunité, mais aussi une responsabilité

Pour le Maroc, l’adhésion à ce Board représente autant une opportunité qu’une responsabilité accrue sur la scène internationale. Le royaume sera attendu sur sa capacité à défendre une approche équilibrée, respectueuse des droits des Palestiniens, tout en contribuant à la stabilité sécuritaire et à la désescalade dans la région.

La voix marocaine sera d’autant plus scrutée que l’opinion publique dans le monde arabe demeure très sensible au sort de Gaza et à la perception d’une paix « juste ». En s’engageant dans une structure portée par Washington, Rabat devra jouer finement pour préserver son image de défenseur des causes arabes tout en assumant un rôle de médiateur pragmatique.

Quelles perspectives à moyen terme ?

Les prochains mois seront décisifs pour mesurer l’impact réel de ce nouveau Board sur le terrain. Beaucoup dépendra de la capacité des membres à transformer cette plateforme politique en mécanisme concret de suivi du cessez‑le‑feu, de soutien humanitaire et de relance des discussions de fond sur le statut de Gaza, la sécurité d’Israël et les droits des Palestiniens.

Pour le Maroc, cette séquence s’inscrit dans une stratégie plus large : consolider son rôle de puissance stabilisatrice à la croisée de l’Europe, de l’Afrique et du monde arabe, et se positionner comme partenaire incontournable dans la gestion des grandes crises régionales. En rejoignant le « Board of Peace » de Donald Trump, le royaume choisit d’être au cœur du jeu diplomatique, avec l’ambition de peser sur l’une des questions les plus sensibles de ce début de décennie.

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