Maroc : la croissance repart fort en 2026, mais la facture énergétique reste le vrai test
Le Maroc aborde 2026 avec un signal économique nettement plus encourageant qu’à la fin de l’année dernière. Selon les dernières données relayées par le Haut-Commissariat au Plan, la croissance du pays aurait atteint 5% au premier trimestre 2026, après un quatrième trimestre 2025 déjà plus solide à 4,1%. Cette amélioration repose d’abord sur un moteur bien connu du Royaume : l’agriculture, qui aurait bondi de 14,8% grâce à une pluviométrie particulièrement favorable, en hausse de 86,6% par rapport à une année normale.
Cette embellie ne se limite pas au monde rural. Les services continuent de progresser, l’industrie manufacturière résiste bien, et la consommation des ménages reste soutenue par l’amélioration de l’emploi et des salaires. Dans le même temps, l’inflation globale serait retombée à -0,1% au premier trimestre 2026, un niveau rare qui traduit un net recul des prix alimentaires, notamment sur l’huile d’olive et certaines viandes. Pour les familles marocaines, c’est une bouffée d’air bienvenue après plusieurs mois de tension sur le pouvoir d’achat.
Mais derrière ces bons chiffres, un point de vigilance demeure : l’énergie. Le commerce extérieur a encore freiné la dynamique économique, avec des importations en forte hausse et des exportations plus modestes. Pour le deuxième trimestre 2026, les prévisions restent positives, avec une croissance attendue autour de 4,7%, à condition que les prix du pétrole restent contenus. Si le baril repart à la hausse, plusieurs secteurs sensibles pourraient rapidement en subir les conséquences, de la chimie aux matériaux de construction.
En clair, le Maroc affiche un début d’année prometteur, mais la reprise reste fragile. Entre l’effet positif des pluies, la détente de l’inflation et la pression persistante sur les coûts énergétiques, l’économie nationale entre dans une phase décisive où chaque mois comptera.

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