Maroc : coup dur pour les fumeurs en 2026, les prix des cigarettes flambent dès aujourd’hui

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À partir de ce 1er janvier 2026, les fumeurs marocains se réveillent avec une mauvaise surprise à la caisse : le prix de nombreux paquets de cigarettes augmente, conformément à une nouvelle circulaire de l’Administration des douanes et impôts indirects. Cette hausse, qui s’inscrit dans la mise en œuvre de la loi de Finances 2026, ne concerne pas seulement les cigarettes classiques, mais aussi les cigares, le tabac à rouler et certains nouveaux produits comme le tabac chauffé.

Selon la circulaire officielle, les prix de plusieurs marques largement consommées sur le marché national augmentent généralement de 1 à 2 dirhams par paquet, avec des variations selon les segments et la politique commerciale de chaque fabricant. Les marques dites “populaires”, qui occupent une part importante du marché, sont particulièrement concernées, ce qui impacte davantage les catégories de consommateurs les plus sensibles au prix.

Les autorités justifient ces augmentations par la poursuite de la réforme graduelle de la fiscalité sur les produits du tabac, prévue dans le cadre de la loi-cadre sur la réforme fiscale et déclinée chaque année dans la loi de Finances. L’objectif officiel est double : renforcer les recettes fiscales de l’État tout en alignant la fiscalité sur les objectifs de santé publique et les engagements internationaux du Royaume.

La nouvelle grille de prix, détaillée dans la circulaire citée par plusieurs médias, fixe les tarifs homologués de vente au public pour chaque référence autorisée sur le marché. Toute vente en dehors de ces prix expose les débitants à des sanctions, l’administration veillant à limiter les dérives et à lutter contre les phénomènes de spéculation locale.

Du côté des finances publiques, cette hausse s’inscrit dans une stratégie plus large de mobilisation des ressources internes afin de financer des chantiers sociaux structurants, notamment dans la santé et l’éducation, deux secteurs dont les budgets doivent connaître une progression significative à l’horizon 2026. Les produits du tabac représentent déjà une source importante de recettes fiscales, et l’ajustement des prix accompagne la montée en puissance de ces besoins budgétaires.

Sur le plan de la santé, l’augmentation des prix est souvent présentée par les spécialistes comme l’un des leviers les plus efficaces pour réduire la consommation, en particulier chez les jeunes. Les autorités sanitaires, ainsi que plusieurs organisations internationales, recommandent depuis des années de renforcer la fiscalité sur le tabac pour freiner l’entrée dans le tabagisme et encourager l’arrêt chez les fumeurs réguliers.

Cependant, sur le terrain, la réaction des consommateurs risque d’être contrastée. Une partie des fumeurs pourrait accepter cette hausse contrainte, en absorbant le surcoût dans leur budget déjà tendu, tandis qu’une autre partie pourrait se tourner vers des produits moins chers, comme le tabac à rouler, ou vers des circuits parallèles, parfois alimentés par la contrebande. Les observateurs soulignent d’ailleurs que chaque augmentation des prix officiels doit s’accompagner d’un renforcement du contrôle douanier et de la lutte contre le marché informel, afin d’éviter une explosion de la contrebande qui priverait l’État de ressources et exposerait les consommateurs à des produits de qualité incertaine.

Pour les détaillants, cafés, kiosques et points de vente, cette nouvelle grille impose une mise à jour immédiate des prix affichés et des systèmes de gestion. Certains professionnels craignent un ralentissement temporaire des ventes ou un changement dans les habitudes des clients, notamment pour les établissements dont une partie importante du chiffre d’affaires dépend encore de la vente de tabac.

Les industriels du tabac, eux, composent avec un cadre fiscal de plus en plus strict, marqué par la volonté de l’État d’augmenter progressivement la pression fiscale sur ces produits tout en évitant des chocs trop brutaux sur le marché. La loi de Finances 2026 s’inscrit dans cette logique de montée en charge graduelle, en prévoyant de nouveaux ajustements à moyen terme en fonction de l’évolution de la consommation et des équilibres budgétaires.

Cette hausse des prix intervient par ailleurs dans un contexte économique encore fragile, marqué par des tensions sur le pouvoir d’achat et par la nécessité de financer de grands chantiers de réformes. Pour une partie de l’opinion publique, l’augmentation sur le tabac peut être perçue comme une mesure “facile”, ciblant un produit déjà fortement taxé, mais socialement plus acceptable qu’une hausse généralisée d’autres impôts.

En parallèle, plusieurs voix plaident pour que les recettes supplémentaires générées par la fiscalité du tabac soient plus clairement fléchées vers le financement de programmes de prévention, de prise en charge des maladies liées au tabagisme et de renforcement du système de santé. Une communication plus transparente sur l’utilisation de ces fonds pourrait contribuer à renforcer l’adhésion de la population à ce type de mesures, souvent impopulaires auprès des consommateurs concernés.

Pour les fumeurs, cette entrée en vigueur au 1er janvier 2026 peut aussi être l’occasion de reconsidérer leur relation au tabac. La hausse des prix, ajoutée aux campagnes de sensibilisation et à la mise à disposition de dispositifs de sevrage, peut inciter certains à réduire leur consommation, voire à envisager d’arrêter. Reste à savoir si le choc psychologique du passage à la nouvelle année, combiné au choc financier sur le prix du paquet, suffira à provoquer un véritable tournant dans les habitudes de consommation.

En ce début d’année 2026, le débat ne fait que commencer. Entre impératifs budgétaires, enjeux de santé publique et réalités sociales, la hausse des prix du tabac au Maroc s’annonce comme l’un des dossiers chauds des prochaines semaines, sur lequel consommateurs, professionnels, experts et responsables politiques seront amenés à se prononcer.

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