Maroc–Sénégal : un sommet stratégique à Rabat pour redessiner les alliances africaines

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Le Maroc est au cœur de l’actualité ce 22 janvier 2026 avec l’annonce de la tenue à Rabat, les 26 et 27 janvier, de la 15e session de la Haute Commission mixte de partenariat entre le Maroc et le Sénégal, un rendez‑vous stratégique qui consacre la profondeur des liens politiques, économiques et humains entre les deux pays. Cet événement s’inscrit dans un contexte où Rabat accélère également son ouverture vers de nouveaux blocs économiques comme l’ASEAN, confirmant l’ambition du Royaume de consolider son rôle de hub africain et euro‑méditerranéen.

Un partenariat historique au cœur de l’actualité

Le Maroc et le Sénégal s’apprêtent à tenir, les 26 et 27 janvier à Rabat, la 15e session de la Haute Commission mixte de partenariat, une instance de haut niveau qui réunit les deux gouvernements autour d’un agenda dense de coopération. Cette réunion intervient dans un contexte régional marqué par de fortes attentes en matière de développement, d’intégration économique et de sécurité, ce qui renforce sa portée stratégique pour les deux capitales. Sous la conduite de Sa Majesté le Roi Mohammed VI et du président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, les relations entre Rabat et Dakar sont régulièrement citées comme un modèle de partenariat Sud–Sud fondé sur la confiance politique et les liens historiques, religieux et humains qui unissent les deux peuples.

Une Commission mixte au mandat élargi

Cette nouvelle session de la Haute Commission mixte ne se limite pas à un exercice protocolaire, mais doit déboucher sur une série d’accords concrets touchant plusieurs secteurs clés. Les deux parties prévoient d’examiner et de mettre à jour des conventions de coopération qui couvrent notamment le commerce, l’investissement, les infrastructures, l’énergie, l’agriculture, la formation et la coopération sécuritaire. En marge de la réunion gouvernementale, un forum économique maroco‑sénégalais est également programmé afin de rapprocher davantage les communautés d’affaires des deux pays et d’identifier de nouveaux projets conjoints.

Le caractère stratégique de cette session tient aussi au contexte économique global, où les pays africains cherchent à diversifier leurs partenariats, à renforcer les échanges intra‑africains et à tirer parti des grandes initiatives continentales comme la Zone de libre‑échange continentale africaine. Dans ce cadre, le tandem Rabat–Dakar se positionne comme un axe structurant entre l’Afrique du Nord, le Sahel et l’Afrique de l’Ouest, avec des retombées attendues sur les flux commerciaux, les services financiers, le transport aérien et maritime ainsi que les chaînes de valeur industrielles.

Rabat, hub diplomatique et économique africain

La tenue de cette Commission à Rabat confirme le positionnement du Maroc comme plateforme diplomatique et économique de premier plan sur le continent. Le gouvernement met en avant un bilan qualifié d’historique en matière de développement industriel, d’infrastructures et d’attractivité pour les investissements, avec des secteurs comme l’automobile, l’aéronautique, les énergies renouvelables et le tourisme qui ont fortement contribué à la transformation du tissu productif national. Dans le même temps, le Royaume intensifie son ouverture vers de grands ensembles économiques, notamment l’ASEAN, bloc qui pèse des milliers de milliards de dollars de PIB et offre des perspectives accrues en matière de commerce, de logistique et de coopération technologique.

Pour le Maroc, l’enjeu est de consolider un double ancrage : africain d’abord, à travers des partenariats renforcés avec des pays comme le Sénégal, et global ensuite, via une présence accrue sur les marchés asiatiques, européens et américains. Ce positionnement permet au Royaume de se présenter comme un point d’entrée privilégié pour les investisseurs souhaitant accéder à la fois au marché africain et à l’espace euro‑méditerranéen, en capitalisant sur ses accords de libre‑échange, ses infrastructures portuaires et ses zones industrielles intégrées.

Des enjeux majeurs pour le Sénégal

Pour le Sénégal, cette session de la Haute Commission mixte représente une opportunité de consolider un partenariat de long terme avec un acteur clé du continent, à un moment où Dakar cherche à accélérer sa transformation économique et sociale. Les discussions doivent porter sur l’approfondissement de la coopération dans des domaines comme la formation des cadres, l’appui aux PME, les infrastructures de transport, les télécommunications, l’agro‑industrie et les services financiers, secteurs où le Maroc dispose déjà d’une présence significative en Afrique subsaharienne.

Les liens religieux et culturels entre les deux pays, notamment via les confréries et les échanges académiques, constituent un socle intangible qui facilite la mise en œuvre de projets concrets et la circulation des compétences. En renforçant cette coopération, le Sénégal peut bénéficier de l’expérience marocaine en matière de grands projets structurants, de gestion urbaine, de digitalisation des services publics et de montée en gamme industrielle.

Une feuille de route pour un partenariat d’avenir

Au‑delà des accords qui seront signés à Rabat, cette 15e session de la Haute Commission mixte devrait tracer une véritable feuille de route pluriannuelle pour le partenariat maroco‑sénégalais. Les deux gouvernements sont appelés à définir des priorités claires en matière d’investissements croisés, de projets d’infrastructures cofinancés, de coopération énergétique – notamment autour des renouvelables – et de coordination dans les instances africaines et internationales. Dans un environnement marqué par les défis de la transition climatique, de la sécurité alimentaire et de la pression démographique, l’axe Rabat–Dakar peut jouer un rôle moteur en proposant des initiatives conjointes en Afrique de l’Ouest et au‑delà.

Pour les observateurs, cette dynamique s’inscrit dans un mouvement plus large où le Maroc multiplie les signaux d’ouverture et de diversification de ses partenariats, qu’il s’agisse du rapprochement avec les économies asiatiques, de la préparation de grandes échéances sportives comme la Coupe du monde 2030, ou de la promotion d’un modèle de coopération Sud–Sud fondé sur la co‑création de valeur. La rencontre de Rabat avec le Sénégal apparaît ainsi comme un moment clé d’une stratégie plus globale qui vise à faire du Royaume l’un des principaux pôles de stabilité, d’investissement et d’innovation en Afrique.

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